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Simon de La Brosse
1986 Travelling avant
Réalisation Jean-Charles Tacchella

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1986 - Travelling avant - Réalisation Jean-Charles Tacchella

Fiche technique : Scénario et dialogues : Jean-Charles Tacchella - Images : Jacques Assuérus - Décors : Georges Lévy - Montage : Marie-Aimée Debril - Stagiaire monteur : Manuel Sanchez - Son : Pierre Lenoir, Alain Lachassagne - Musique : Raymond Alessandrini - Mixage : Jean-Paul Loublier - Extrait de film avec Eric Von Stroheim : La danse de mort, de Marcel Cravenne - Régie Catherine Pierrat - Assistants réalisation : Patrick Poubel, Charli Beleteau - Couleurs, Pellicule images Fuji, caméras et objectifs Panavision - Production : Erato Films ; JCT Productions ; La Sept ; Sofinergie ; Sofica créations - Distribution : UGC - Affiche : Landi - 1h45 - Sortie Paris : 19-08-87

Avec : Thierry Frémont (Nino), Simon de la Brosse (Donald), Anne Gisel Glass (Barbara), Sophie Minet (Angèle), Laurence Cote (Janine), Luc Lavandier (Gilles), Nathalie Mann (Vicky), Jacques Serres (oncle Roger), Alix de Konopka (Wanda)
Et : Jean-Michel Mole (proprio cinéma), Catherine Hubeau (mère de Donald), Olivier Lebeau (père de Donald), Jacqueline Fontaine (hôtelière), Régis Bouquet (gardien de nuit), Marcie Garcin (Olympe), Claude Beylie - Jean-Michel Arnold (contrôleurs cinémathèque), Eliane Régis (cuisinière restaurant), Françoise Caillaud (la mère de Janine), Olivier Belle (régisseur des Studioc Eclair), Dominic Bachy (assistant Studios Eclair), Julia Cordonnier (soldat Armée du Salut), Basile (sergent Arméec du Salut), Gérard Watkins - Loïc Brabant - Pascal Lopez (jeunes bagarreurs), Julien Dubois - Franck Beauvais (premiers clients du Ciné Club), Frédéric Cuif - Michel Dore - Alexandre Thibault (jeunes footballeurs), Cendrine Chattrefou - Philippe Forgeau (couple d'amoureux), Joseph Quere (un spectateur), Marie-Paule Jourdan (une spectatrice), Olivier Train - Jérôme Andréi - Nicolas Vaude (les cinéphiles),
Guillaume de Tonquédec (jeune comédien), Jean-Pierre Ducos (spectateur), Patick Lepczynski (interne hôpital), Laurence Kevorkian (infirmière), Marine Falk (la fille en vélo). Avec la participation de Philippe Laudenbach (l'homme qu'on prend pour Julien Duvivier).

L'histoire : Paris, octobre 1948. Nino est monté de sa province natale parce qu'"à Paris, on peut voir plus de films qu'ailleurs". Chaque jour, il est fourré au cinéma. Il y fait la connaissance de Donald, autre jeune cinéphile, qui vit chez ses parents. Parfois, Gilles, un copain de Nino, se joint à eux. Ensemble, ils voudraient créer un ciné-club et faire connaître à un public choisi les vieux films qui ont bercé leur jeunesse. Dans leur vie, les filles ne comptent guère. Elles passent. Donald collectionne les aventures, tandis que Nino se paie des prostituées avec le mandat que lui envoie chaque mois sa mère...

Remarque : Manuel Sanchez, stagiaire-monteur sur ce film, dirigera Simon de la Brosse dans "Les Arcandiers" en 1991.

Témoignage de Jean-Charles Tacchella :

Dans Travelling Avant, où Donald-Simon de la Brosse, avant de faire l'amour avec Barbara-Ann Gisel Glass, lui confie en préliminaire : " tu sais, pour que je puisse aimer une fille, que je la prenne dans mes bras, j'ai besoin de m'imaginer que je suis un héros... ".

C'est sa fragilité qui rendait Simon de la Brosse sublime et bouleversant dans le rôle de Donald. Il faut en effet infiniment de fragilité pour dire avec talent " je ne peux pas rester en place. Je suis un homme d'action. Je veux être un homme d'action ". Ou encore : " N'oublie pas, entre nous, tout est différent, rien comme les autres. N'oublie pas : je ne suis pas n'importe qui ! "

Trente-trois comédiens et comédiennes, choisis et repérés par Gigi, ma femme, participèrent aux finales des essais pour les trois rôles principaux de Travelling Avant. Sept d'entre eux concouraient pour le rôle de Donald. Chacun devait interpréter devant la caméra vidéo cinq scènes du scénario, (condensées en trois, pour ne pas morceler le jeu des acteurs). L'une d'elles était la scène d'avant l'amour. En voyant jouer Simon pendant les essais, j'imaginais déjà tout ce que sa sensibilité allait apporter au film.

On travailla beaucoup, mes acteurs et moi, dans l'hiver 1986-87 qui précéda le tournage. Ils avaient tous la passion du cinéma et prenaient plaisir à ce que je les plonge dans l'époque-reine de la cinéphilie, la fin des années 40. Je leur en montrais les films les plus représentatifs et aussi les actualités que l'on projetait alors dans les cinémas. Chaque fin de semaine, ils venaient chez moi lire les journaux de l'époque. Je me souviens d'un dimanche où l'on avait tiré les rois. Simon était heureux comme un petit garçon.

N'empêche que deux jours avant de commencer le film il m'a fait une drôle de peur. Il était apparu, dans mon bureau, à la production, avec des cheveux couleur carotte ! J'étais ahuri, je lui dis :

- Pourquoi tu as fait cela ?
- J'ai pensé que ça serait bien pour le rôle.
- Mais enfin, Thierry Frémont est roux. Et toi, tu vas être carotte !

J'étais d'autant plus effondré que le coiffeur accouru m'annonça qu'il fallait deux à trois semaines de lavages et teintures pour que les cheveux redeviennent normaux.

- J'ai fait une bêtise, me dit Simon. Mets-moi dehors.
- Je ne veux pas te mettre dehors. Je veux que ce soit toi qui fasse le film.

On modifia le plan de tournage et pendant plus d'une semaine on s'acharna à récupérer la couleur de ses cheveux, on eut bien du mal. Mais je ne regrettais pas de m'être battu pour garder Simon dans le film. Il fut un Donald au-dessus de mes espérances.

A la sortie de Travelling Avant, quand je vis que Nino-Thierry Frémont raflait à juste titre divers prix d'interprétation (notamment un César), alors que Simon, tout aussi remarquable, ne recueillait qu'une aimable appréciation, je fus outré et désolé pour lui. On oubliait Simon tout autant qu'Ann-Gisel Glass ou Laurence Côte. C'est toujours la même histoire : le public confond l'acteur et le rôle qu'il interprète. Quand il applaudit un comédien, il s'enthousiasme aussi et d'abord pour le personnage qu'il incarne. De cette grande injustice peut sortir un bonheur ou un malheur.

 


Thierry Frémont et Simon de la Brosse

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